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Caractéristiques géographiques et démographiques

1. En RDC

Caractéristiques géographiques :  

Située en Afrique Centrale,photo congolais
la République Démocratique du Congo
s'étend sur une superficie de 2.345.409 km2
dont la quasi-totalité de
terre ferme est cultivable,
malgré l'immense variété du relief constitué :

 

Elle partage ses frontières avec 9 pays :

Le pays connaît trois climats principaux :

Le fleuve Congo, long de ±2.900 km, traverse tout le pays et l'arrose avec ses nombreux affluents couvrant toute la superficie.

Démographie :

La République Démocratique du Congo est un vaste marché de 57,54 millions d'habitants composés de plusieurs ethnies dont les plus importants sont : les bantous, les Soudanais, les nilotiques, les pygmées et les hamites. Cette population est caractérisée par les indicateurs ci-après :

photo congolaise

Répartition de la population dans les principales ville du pays : Kinshasa, Lubumbashi, Mbuji Mayi, Kananga, Mbandaka, Kisangani, Matadi, Goma, Bukavu, Likasi, Kindu, Kikwit.

2. Dans la province du Bas-Congo

La situation scolaire

La situation de l'éducation est catastrophique. Depuis la crise économique qui remonte aux années 70 (crise pétrolière et zaïrianisation des entreprises), l'école primaire n'a fait que régresser. Loin d'avoir atteint l'objectif 80 qui dans les deux premières décennies de l'indépendance prônait une scolarisation totale des enfants congolais pour 1980, le Congo a vu péricliter son enseignement primaire par une baisse de qualité et de quantité parmi les plus graves de l'Afrique sub-saharienne. Depuis 1990, cette baisse sensible de la qualité, qui hypothèque tout l'édifice scolaire du pays, va de pair avec un recul quantitatif, qui a fait baisser le taux de scolarisation dans le primaire à 35%.

Depuis l'effondrement économique du pays, l'enseignement primaire est quasi intégralement à charge des parents, dont les revenus se trouvent déjà fortement affaiblis par la crise économique. La rémunération des enseignants, l'uniforme, les cahiers et les manuels grèvent lourdement le budget des ménages. S'ajoutant aux dépenses de santé, les frais scolaires des enfants finissent par consommer la totalité des budgets familiaux.

Le système éducatif est totalement pris en charge par les parents de l'école maternelle à l'université à la suite de la démission de l'Etat de prendre en charge ce secteur. Le taux de scolarité est de 76% en milieux urbains et 48% en milieux ruraux. Les titres ci-après sanctionnent la fin d'un cycle. Il s'agit de :

Le taux de scolarisation dans l'enseignement secondaire est de 12%

La disparité entre genres en matière d'éducation est frappante : le taux d'analphabétisme chez les jeunes adultes hommes est de 11,6% contre 25,1% des femmes de la même classe d'âge (15-24 ans). Et le taux de fréquentation scolaire des filles par rapport aux garçons est 66,4%.

Contexte économique

La reprise de l'aide internationale, après dix ans d'interruption, et un important programme conclu avec le FMI (programme de Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance - FRPC - de 750 millions de $), ont permis un début d'amélioration. Des concours exceptionnels de la communauté internationale ont accéléré la normalisation de la situation financière du pays. Pour la première fois depuis dix ans, la RDC a retrouvé en 2002 une croissance positive. En 2003, elle a atteint 5,3 %, avec une inflation maîtrisée à 4,4%.  Le revenu annuel par habitant  reste néanmoins très bas : 111$ USD par habitant en 2002.

Evolution du P.I.B et du P.I.B/Habitant de 1999 à 2004

 

1999 2000 2001 2002 2003 2004

Taux de croissance du PIB

- 4,30
-6,90
-2,10
3,50
5,00
7,00
Taux de croissance du PIB/Habitant
-5,00
-7,50
-11,80
0,80
2,30
3,40
Population ( en millions d'habitants )
50,40
52,10
53,50
54,90
56,40
 
Taux de croissance de la population
3,40
3,40
2,70
2,70
2,70
 
Source : Banque Centrale du Congo, 2003

Le programme de stabilisation financière qui conditionne la poursuite de l'assistance internationale continue d'être respecté tant bien que mal.

Depuis la mise en place du gouvernement de transition (juillet 2003) on a noté une assez forte appréciation du franc congolais qui est passé de 430 à 370FC/$). Cette appréciation résulte essentiellement de :

Photos de paysage

L'accession à l'initiative PPTE au mois de juillet 2003 représente un allègement d'environ 10 milliards $ du service de la dette sur 25 ans. Cet allègement s'ajoute à celui accordé par le Club de  Paris des créanciers officiels bilatéraux dans le cadre du rééchelonnement de septembre 2002. La dette qui s'élevait à 12,5 Mrds $ fin 2001 sera ainsi réduite d'un total de 11 Mrds $ (90%) pour atteindre le niveau de 1,6 Mrds $ après allègement. La RDC doit maintenant continuer la mise en oeuvre du programme économique pour pouvoir atteindre en 2005 le " point d'achèvement " sous l'initiative PPTE.
A ce stade l'allègement de la dette deviendra irréversible.

L'inflation  est restée sous contrôle, il a même été question d'une certaine déflation ces derniers mois suite à l'appréciation du FC. La RDC a en tout cas tourné la page de l'hyper-inflation qui sévissait encore en 2000 (511%) et 2001 (135%). Le grand défi pour les autorités monétaires consistera maintenant à doser correctement la quantité de liquidité dont l'économie congolaise a besoin pour accompagner un retour de la croissance alors même que le pays reste dépourvu d'instrument de politique monétaire.

Le cadre administratif devant permettre une reprise des investissements privés s'est progressivement mis en place (code minier, code forestier, code des investissements), une agence destinée à servir de " guichet unique " pour les investisseurs : l'ANAPI (agence de promotions des investissements) est en place depuis un an mais la situation reste précaire pour les investisseurs: l'insécurité juridique, la corruption généralisée et le délabrement des infrastructures (routière, ferroviaire, portuaire, électrique) restent des obstacles majeurs. S'ajoute à cela une série d'autres obstacles tout aussi difficiles à surmonter, notamment la productivité très faible de la main-d’œuvre congolaise, ainsi que son manque de formation et l'action néfaste des syndicats. Le gouvernement est conscient de ces faiblesses et envisage des mesures pour améliorer cet environnement à risques.

Le système bancaire congolais est totalement sinistré, le Congo est devenu un des pays les plus sous bancarisé au monde, limité pratiquement aux seules entreprises du secteur formel. Le crédit bancaire n'existe pratiquement pas même si quelques banques de la place recommencent dans certaines conditions à octroyer des crédits à court terme. La méfiance persistante des Congolais envers leur système bancaire et des aberrations juridiques comme le système du " tiers-payant " qui permet la saisie de comptes bancaires de tiers sur simple réquisition administrative, constituent de sérieuses entraves à la reprise du secteur. Le change et le transfert sont libres et ne posent pas de problème.

Gérées d'une manière désastreuse sur des impulsions politiques, totalement corrompues et sous-capitalisées, les entreprises publiques congolaises constituent un sérieux fardeau pour l'économie. La perspective des élections à l'été 2005 pourrait peser sur les décisions à prendre en matière de privatisations (partenariat public/privé ou privatisation de la gestion).

Le budget de l'Etat (1,3 Mrds $ en 2004  dont plus de la moitié financée par des dons extérieurs au titre de la coopération internationale) est naturellement symbolique au regard des besoins de cet immense pays, et ne permet pas de remplir les fonctions de base (santé, éducation, entretien des infrastructures). Un des problèmes essentiels réside dans la qualité des dépenses de l'Etat qui laisse encore largement à désirer.

Donnée économiques :

Contexte social et situation sanitaire

Les conséquences socio-économiques du conflit sont catastrophiques : 3 millions de pertes en vie humaine, 3,4 millions de déplacés (cf. infra), plus de 350.000 réfugiés, 75.000 personnes en armes dont au moins 15.000 enfants soldats.

Les principaux indicateurs généralement utilisés pour mesurer le niveau de performance des pays dans divers domaines (économique, santé, éducation, alimentation, infrastructures, etc.…) classent la RDC parmi les pays les plus pauvres (168ème sur 177 pays en 2004) et ce en dépit des énormes potentialités dont le pays est doté.

La valeur de l'indicateur de développement humain (IDH) en 2002 est de 0,365. La tendance est nettement à la baisse depuis le début des années '90, comme le démontre le tableau ci-dessous :

Année 1975 1980 1985 1990 1995 2002
IDH
0,410
0,418
0,425
0,414
0,380
0,365

On constate également une nette régression du revenu moyen par habitant, et bien qu'une grande partie de l'économie congolaise soit non-monétarisée, le PNUD estime cette régression à 0,20 USD par habitant et par jour (78 USD par an). Le revenu moyen par habitant en 2002 était de 111 USD et de 650 PPA contre 2400 PPA en 1975.

La paupérisation généralisée (incidence de la pauvreté monétaire estimée à 83,6%) est marquée par des taux de chômage record dans les villes, par l'inadaptation ou le non-paiement des salaires et par l'atrophie de l'ensemble des revenus du travail.

L'indicateur de la pauvreté humaine, tout en restant très élevé (43%), ne s'est pas détérioré dans les mêmes proportions que les indicateurs de la pauvreté monétaire. La RDC est à cet égard classée au 75ème rang sur 95 pays, selon le classement du PNUD en 2004. Dans ce domaine, les inégalités entre le milieu urbain et le milieu rural sont aussi observées. En 1998, la pauvreté humaine frappait beaucoup plus lourdement en milieu rural (46 %) qu'en milieu urbain (18%).

L'insécurité alimentaire et la malnutrition sont des conséquences directes de la guerre qui a entraîné une diminution de la production agricole et des difficultés d'écoulement des produits (insécurité, déplacements de population, gel de la navigation fluviale).

Le PAM estime à 16 millions le nombre de personnes qui souffrent de manque chronique de nourriture. 75% de la population souffrent de malnutrition sur la période 1999-2001 contre 31% sur la période 1990-1992. Un tiers des enfants de moins de 5 ans souffrent d'insuffisance pondérale et 38% d'un retard de croissance (période 1995-2002).

photo congolais

La situation sanitaire est tout aussi sombre avec une mortalité maternelle croissante qui atteint 1289 décès pour 100.000 naissances vivantes, une mortalité infantile de 129 pour mille naissances vivantes, une recrudescence du paludisme, de la tuberculose et du VIH/SIDA (prévalence de 5,9% chez les femmes âgées de 15 à 24 ans et une prévalence globale de 5,1% au sein de la population adulte).

C'est ainsi que l'espérance de vie était de 45,8 ans sur la période
1970-1975 et de 41,8 ans sur la période 2000-2005.

La pauvreté dans le domaine de la santé est vécue au quotidien.
Les hôpitaux du secteur public sont souvent dépourvus des équipements et des médicaments pour les soins nécessaires. La situation est telle qu'on en arrive à des phénomènes très marqués de criminalisation : la multiplication sauvage d'officines privées de soins, la rétention des malades en otage et des biens en gage, le refus des soins aux indigents, le recours à l'automédication ou à des médecines traditionnelles peu orthodoxes etc. Les dépenses de santé publiques ne représentent que 1,5% du PIB en 2001.

Situation politique

La stabilisation de la RDC est un enjeu majeur pour l’Afrique centrale et pour l’ensemble du continent africain. Son redressement conditionne l’instauration d’une véritable coopération sécuritaire et économique entre les pays de la région. Le processus de transition en RDC fait l’objet d’une forte implication de la communauté internationale. A Kinshasa, le Comité International d’Accompagnement de la Transition (CIAT), institué par l’accord de Pretoria, rassemble les ambassadeurs des principaux pays représentés en RDC et assure un rôle de conseil et d’impulsion auprès des autorités congolaises.

Depuis 1999, les Nations unies se sont, sous l’impulsion de la France, engagées dans la stabilisation de la RDC. Prenant acte de l’accord de Lusaka, le Conseil de sécurité a autorisé l’envoi d’officiers de liaison, puis d’une opération de maintien de la paix, la MONUC, créée par la résolution 1279 du 30 novembre 2000.

Le mandat de la MONUC a été progressivement étendu. A l’origine limité à une mission d’observation, son mandat est désormais entièrement placé sous chapitre VII de la charte de Nations unies. Cette évolution s’est accompagnée d’un renforcement substantiel de ses effectifs, qui s’élèvent désormais à près de 18 000 hommes, ce qui en fait, en nombre, la force des Nations unies la plus importante dans le monde. Son déploiement est désormais concentré sur les régions de l’est (Ituri, Kivus), où la situation sécuritaire reste la plus instable.

C’est également sous l’égide des Nations unies que s’est déroulé, les 19 et 20 novembre 2004 à Dar Es Salaam, le premier sommet des chefs d’Etat de la conférence internationale sur la paix et la sécurité dans les grands lacs. Cette initiative vise à refonder les relations régionales sur une logique de coopération économique et sécuritaire

Le processus de transition entame aujourd’hui sa dernière ligne droite. Des étapes essentielles ont déjà été franchies (enregistrement des électeurs, création de la commission électorale indépendante, adoption de la loi sur la nationalité et de la loi électorale). La Constitution, adoptée par 80% des voix par référendum le 18 décembre 2005, a été promulguée le 18 février 2006. Elle offre un cadre légal au report des élections (premier tour des présidentielles et législatives) à la date du 30 juillet 2006, soit dans un délai qui reste proche de l’échéance fixée par les accords de paix.

La réorganisation des pouvoirs publics a permis à Kinshasa de recouvrer sa souveraineté sur pratiquement l’ensemble de son territoire. L’Assemblée et le Sénat ont tenu leur séance inaugurale le 22 août 2003. Le 28 août, les cinq institutions citoyennes prévues par l’accord global et inclusif sont entrées en fonction. La répartition des postes de gouverneurs de province et des chefs des régions militaires est intervenue en juin 2004.

Dans l’Est de la RDC, le renforcement, en octobre 2004, de la force de maintien de la paix des Nations unies (MONUC) a permis de stabiliser une situation sécuritaire dégradée par la crise de Bukavu (juin 2004) et la reprise des combats militaires dans le Nord-Kivu (décembre 2004). Les opérations de sécurisation des populations civiles menées par la MONUC en soutien des forces armées congolaises (FARDC) ont permis de limiter le pouvoir de nuisance des groupes armés et de procéder, dans la région de l’Ituri, au désarmement de 15 000 miliciens.

La formation des nouvelles forces armées congolaises (à partir des effectifs des trois composantes belligérantes : l’armée gouvernementale -FAC- et les rébellions MLC et RCD) a progressé (formation de 7 brigades intégrées) mais a pris du retard, malgré le soutien actif de la communauté internationale, dont l’Union européenne au travers de la mission EUSEC. L’ONU (à travers la composante police de la MONUC) et l’Union européenne (à travers la mission EUPOL) interviennent également dans la formation des forces de police congolaise pour sécuriser les élections. La France fournit un effort significatif dans ce domaine, et a déjà formé 2000 hommes de la police d’intervention rapide opérationnelle à Kinshasa. Par ailleurs, à la demande du Conseil de sécurité, la force de l’Union européenne EUFOR RDC interviendra pendant la période des élections en soutien de la MONUC. L’Allemagne et la France formeront l’ossature de cette force d’environ 2000 hommes, à laquelle contribueront de nombreux pays européens (Belgique, Pays-Bas, Espagne, Pologne, Suède).

Lundi 27 novembre 2006, Joseph Kabila Kabange, a été proclamé vainqueur du second tour de l'élection présidentielle par la Cour suprême de justice (CSJ), confirmant ainsi les résultats de 58,05% des voix obtenues par le candidat à l'issue du second tour de la présidentielle  initialement donnés par la Commission électorale indépendante (CEI).

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