Le projet de notre association a vu le jour en 2004 grâce à Gildas Rérat, le président d’Horizon Métis. La mère de Gildas est née et a vécu dans le village de Kingombé, puis a fait ses études à Kinshasa avant de partir pour la France. Le voyage de Gildas dans le pays de ses racines durant son adolescence a nourri son envie de monter un projet de développement en République Démocratique du Congo.
Ayant conservé des liens très forts avec sa famille à Kingombé, Gildas a eu connaissance d’une association de parents d’élèves sur place ayant pour but d’améliorer les conditions de travail des enfants de l’école Nzau Zandu près du village. Cependant, malgré tous leurs efforts, les adultes manquent de moyens matériels pour atteindre cet objectif (cf. annexes concernant les besoins de l’école).
C’est pourquoi Gildas et son amie Agathe Verrier sont entrés en contact dès le début de l’année 2004 avec l’association des parents d’élèves qui leur a fait part des besoins les plus impératifs de l’école. Le déficit d’ouvrages scolaires étant immense, une des premières nécessités était la création d’une bibliothèque. Un apport de fournitures scolaires semblait également indispensable afin de garantir des conditions d’enseignement convenables. Notre association a donc été fondée à l’initiative d’Agathe et Gildas en août 2004 en réunissant un groupe d’amis motivés autour de ce projet précis. Néanmoins, son orientation a rapidement évolué vers une vision à plus long terme : durant les années à venir, Horizons Métis devrait établir un véritable pont entre ses membres en France et le groupement scolaire de Nzau Zandu.
L’école catholique de Nzau-Zandu, créée en 1950, se situe le long du fleuve Zaïre, à environ 30 km de Luosi, un grand centre administratif. Elle accueille 250 enfants de quatre villages dont celui de Kingombé qui est le plus important et où réside l’association des parents d’élèves avec laquelle nous collaborons. Elle est également ouverte à d’autres villages plus lointains. Les cours se tiennent du lundi au vendredi, de 7h00 à 15h30. Les élèves y reçoivent une instruction pour les classes allant du primaire à la terminale dans des conditions d’enseignement assez précaires.
À ce jour, l’école n’est pas gratuite et fonctionne sur un système de troc : les professeurs, qui vivent à la base de leurs récoltes, bénéficient de quelques dons des parents d’élèves en échange de leur enseignement. Nous avons par conséquent proposé que la bibliothèque soit également basée sur ce modèle économique : chaque livre, par exemple, s’emprunterait en échange d’un verre de haricots, ces dons étant alors stockés dans un premier temps avant d’être revendus. Les recettes serviraient alors au remplacement et à l’acquisition de nouveaux livres, au rachat de matériel scolaire, à la finition et à la rénovation des salles de classe,….
L'année scolaire 2004/2005 a représenté une période de formation et d'apprentissage pour l'association. D'une équipe au départ composée d'une quinzaine de membres plus ou moins motivés s'est dégagé progressivement un noyau dur de cinq personnes qui sont désormais les garantes du fonctionnement d'Horizons Métis.
Nous avons ainsi appris durant cette année à mieux cerner nos objectifs et à nous imposer une rigueur croissante dans notre travail. Après la création juridique de l'association, nous avons dû monter un dossier solide et un budget sérieux afin d'obtenir des subventions et des partenariats. Grâce à l'aide de plusieurs personnes qui nous ont véritablement servi de tuteurs, nous avons découvert les démarches à effectuer auprès des divers organismes et entreprises liés au monde associatif. La nouveauté d’Horizons Métis et le manque d’expérience de ses membres nous ont fortement pénalisé dans la recherche de partenaires, qu’il s’agisse d’institutions ou d’entreprises. Nous nous sommes donc habitués à prendre toujours plus d'initiatives pour trouver des fonds et à ne pas attendre que le projet avance tout seul : nous avons imprimé et vendu 200 t-shirts pour hommes ainsi que 300 briquets à l'effigie de l’association, et récolté plus de 2000 livres ainsi que du matériel scolaire destinés à faire vivre la future bibliothèque. Nous avons rapidement compris que même s'il existait beaucoup de gens de bonne volonté prêts à nous aider, il était nécessaire de prendre les devants et, plutôt que de laisser reposer nos objectifs sur des subventions jamais garanties, qu'il fallait s'investir le plus possible dans l'autofinancement. Notre dossier a tout de même retenu l'attention du BIJ de Boulogne-Billancourt qui nous a témoigné sa confiance en nous offrant une aide de 1000 euros. L’université Paris V Descartes a également participé au projet en nous confiant une bourse du même montant. En raison des difficultés que nous avons rencontrées, ces deux aides n’ont pu être utilisées qu’au cours de la période 2005/2006 : la première a permis l'achat des matériaux nécessaires à la construction de la bibliothèque et le lancement de plusieurs projets d’autofinancement, tandis que la seconde a été utilisée pour financer le transport des livres depuis la France jusqu’à Pointe-Noire en RDC.
Cette première année d’existence a donc été très enrichissante pour Horizons Métis en permettant la constitution d’un noyau dur de membres plus expérimentés, aussi bien sur le plan du fonctionnement de l'association (organisation du travail, contraintes administratives, connaissance du monde associatif,…) que sur l'aspect humain de la vie associative. Néanmoins, la période 2004-2005 s'est terminée sur une déception pour nous puisque nous ne sommes pas parvenus à mener notre projet à bien (raison pour laquelle l’utilisation des deux bourses a été reportée d’un an). Nous avons réalisé dès le mois de mai 2005 que nous ne parviendrions pas à partir en RDC au vu des fonds récoltés. Cette première expérience associative nous a par conséquent enseigné l'humilité et la rigueur. Humilité quant à nos objectifs, que nous avons appris à mieux évaluer en termes de difficulté de réalisation et de temps, et rigueur dans la vie et l'organisation de l'association. Nous avons ainsi pris conscience de la nécessité de nous fixer les buts les plus réalistes et précis possibles afin de les atteindre dans les délais déterminés.
Ces bouleversements dans le déroulement du projet nous ont conduit en septembre 2005 à redéfinir nos objectifs pour l’année scolaire 2005/2006. N’ayant pu réunir les fonds nécessaires à notre séjour en RDC, la question s’est posée de déterminer quelles nouvelles orientations donner à Horizons Métis. Comme nous l’avons vu précédemment, certaines institutions avaient cru en notre action en nous offrant des bourses, de la même manière que beaucoup de personnes avaient acheté nos t-shirts, briquets,…Il était difficile pour nous d’attendre un an de plus sans êtres capables de fournir à nos partenaires la moindre preuve concrète d’une évolution dans l’avancement de la mission. La décision a par conséquent été prise de financer la construction du bâtiment au village, malgré notre absence. Notre présence physique sur le chantier n’étant pas indispensable, au-delà de la déception pour nous de ne pas concrétiser le travail effectué en France, nous avons choisi de financer les matériaux coûteux nécessaires à la bibliothèque depuis Paris et de laisser les villageois monter le bâtiment. Ces derniers construisant eux-mêmes toutes leurs habitations avec les matières premières présentes sur place (argile, paille et bois principalement), seuls le ciment et la taule, essentiels à l’étanchéité du bâtiment et donc à la conservation des futurs livres durant la saison des pluies, devaient être achetés par Horizons Métis.
Au mois d’octobre 2005, nous avons envoyé cet argent à l’un de nos collaborateurs à Kinshasa, M. Merlot Makonda NDengua. Celui-ci a acheté les différents matériaux et les a fait parvenir au village. Un nouveau projet s’est ainsi défini progressivement : la population venue de Kingombé, mais aussi des autres villages liés à l’école Nzau Zandu, construirait le bâtiment durant l’année puis, à l’été 2006, les membres d’Horizons Métis se rendraient sur place avec les livres et le matériel scolaire (trop dangereux à faire voyager sans surveillance en raison de la fréquence des vols dans le pays). Une fois en RDC, nous pourrions construire ensemble le mobilier de la bibliothèque, installer les livres et mettre en place le dispositif de fonctionnement régulier de l’établissement.
Une fois ces nouveaux objectifs établis, l’année 2005/2006 nous a permis de concentrer nos efforts sur le développement de l’association en France et la préparation du voyage. Sur le plan administratif, un travail de fonds a été effectué afin de clarifier les statuts de l’association, fortement bouleversés par les départs de nombreux membres, et de faire un bilan budgétaire très précis de la première année de fonctionnement. À partir de là, nous avons travaillé à relancer certains mécanismes de financement et à en trouver de nouveaux. Une commande de 200 t-shirts, pour filles cette fois, a par exemple été réalisée. D’autre part, nous avons mis en place un système d’adhésion à l’association permettant à nos partenaires d’effectuer des dons déductibles d’impôts. Ces pratiques d’autofinancement ont été accompagnées d’efforts visant à faire connaître Horizons Métis dans le milieu associatif, mais également auprès des publics étudiants.
Au mois de mars 2006, ayant trouvé un lieu sécurisé où stocker les livres et les fournitures scolaires à Kinshasa, nous avons décidé de commencer l’envoi du matériel par voie maritime. Celui-ci est arrivé au mois d’avril à Pointe-Noire, un port commercial de RDC. Notre collaborateur, Merlot, est parvenu deux jours plus tard afin de ramener le matériel à Kinshasa. Malheureusement, ce laps de temps a suffi pour que deux machines à écrire, l’ensemble des dictionnaires et une centaine de livres soient dérobés. Toutefois le reste du matériel est bien arrivé à Kinshasa et, à partir du mois de mai, nous avons pu nous concentrer sur l’organisation du séjour au Congo. Pierre Baudry, Hugo Leclerc et Julien Kemler ne pouvant effectuer le voyage pour des raisons d’ordre personnel ou professionnel, seuls trois membres d’Horizons Métis ont pu se préparer à enfin concrétiser le travail accumulé depuis deux ans : Agathe Verrier, Gildas Rérat et Alexandre Cheuret.
Notre séjour en République Démocratique du Congo s’est déroulé du 25 juillet au 31 août 2006. Il a été divisé en trois moments forts correspondant aux différentes étapes de notre parcours.
Nous avons passé les deux premières semaines dans la capitale Kinshasa où la famille de Gildas a pris en charge notre hébergement (c’est dans ce même lieu qu’étaient stockés les livres, le matériel scolaire, ainsi que les machines à écrire depuis le mois d’avril). Étant donné les tensions liées à la situation politique interne du pays, les premières élections depuis 40 ans s’étant tenues juste avant notre arrivée, notre liberté de mouvement dans la capitale a été fortement limitée. Bien qu’aucune menace particulière n’ait alors pesé sur les ressortissants étrangers, notre entourage sur place a préféré ne pas prendre de risques.
Nous avons néanmoins eu l’opportunité de nous déplacer, notamment sous la « protection » de notre correspondant, Merlot Makonda Ndenga. Nous avons ainsi visité plusieurs écoles de Kinshasa et rencontré de nombreuses personnes qui nous ont permis de mieux comprendre le fonctionnement et les besoins du pays. Horizons Métis s’est ainsi créé un réseau de contacts sur lequel nous comptons nous appuyer de plus en plus à l’avenir. C’est dans cette optique que deux nouvelles personnes ont rejoint l’association afin d’aider Merlot dans sa tâche de collaboration et de représentation d’Horizons Métis au Congo. Léa et Simon sont désormais des partenaires privilégiés dont le rôle sera essentiel dans la mise en place de nos projets à venir.
Au début du mois d’août, l’ensemble du matériel a été envoyé par camion de Kinshasa au village de Kingombé sous la surveillance de la famille de Gildas. Agathe, Gildas et Alexandre sont quant à eux restés quelques jours de plus dans la capitale afin de poursuivre une série d’entretiens entamée avec des directeurs d’écoles de la ville. Ces rendez-vous nous ont permis de constater à quel point le déficit du pays en ouvrages scolaires était dramatique, aussi bien en province qu’à Kinshasa même. Notre surprise a été immense lorsque nous avons appris que notre modeste bibliothèque de deux milliers de documents constituerait le second établissement de la province du Bas-Congo, dont la superficie équivaut aux deux tiers de la France. Nous souhaitions toucher la population habitant dans les villages aux alentours de l’école, il s’est avéré que des étudiants dans un rayon de 300 km pourraient être intéressés par la bibliothèque.
Nous avons finalement quitté Kinshasa le 10 août pour parcourir les 270 km nous séparant de Kingombé (cf. carte de la RDC). Des membres de la famille de Gildas résidant dans ce village de près de 200 habitants, nous avons été logés sur place et avons pu séjourner durant quinze jours en vivant au rythme de la population. De plus, Kingombé est le village le plus proche de l’école Nzau Zandu où nous nous attendions à trouver la bibliothèque construite grâce au financement d’Horizons Métis et au travail bénévole de la population.
Néanmoins, notre arrivée a été marquée par une surprise de taille. Alors que le bâtiment était censé être achevé depuis plusieurs mois, notre mission sur place devant principalement consister à l’aménager et à installer les livres avec l’aide des habitants, nous avons appris que les travaux n’avaient pas encore commencé. Le président de l’Association de parents d’élèves était notre seul contact direct à Kingombé. Nous lui avions confié les taules et le ciment achetés par Merlot à Kinshasa, et sa principale tâche était de communiquer notre projet aux habitants des différents villages entourant l’école, ainsi que d’organiser le chantier de la bibliothèque. Cependant, nous avons pu constater dès le premier jour qu’aucun de ces objectifs n’avait été rempli. Les habitants, qu’ils soient de Kingombé ou de villages voisins, ignoraient quasiment tout de notre projet, si ce n’est que nous allions construire une bibliothèque à Nzau Zandu (leur rôle sur le chantier, le fonctionnement futur de l’établissement, les responsables de son organisation, …leur étaient inconnus). Le président de l’Association avait conservé notre dossier caché et gardait chez lui les matériaux que nous lui avions fait parvenir.
Ce début de séjour un peu difficile a été effacé rapidement. Nous avons dans un premier temps expliqué à la population qu’il n’avait jamais été dans notre intention de rémunérer la main d’œuvre sur le chantier. D’une part Horizons Métis ne possédait plus la trésorerie nécessaire pour financer ces travaux, et d’autre part nous avons insisté sur le fait qu’il était important à nos yeux qu’ils participent eux-mêmes au chantier afin de symboliser leur coopération et leur permettre de s’approprier ce bâtiment. C’est selon ce même principe, capital pour nous, d’une collaboration entre notre association et la population, et non d’une action unilatérale, que nous avons refusé d’appeler la future bibliothèque Horizons Métis comme ils nous le demandaient. Nous nous sommes rapidement aperçus de l’origine de ces incompréhensions, c’est-à-dire la non communication de notre projet, nous avons ainsi pu rétablir la vérité quant à son contenu, et la population de Kingombé s’est immédiatement enthousiasmée pour celui-ci.
Les villageois ont alors pris la décision de destituer le président de l’association de parents d’élèves et d’en nommer démocratiquement un nouveau lors d’un conseil du village. Le chantier de la bibliothèque a ainsi pu démarrer rapidement après ces quelques jours de flottement. Nous avons pu participer au démontage des fours à briques, à l’acheminement de celles-ci jusqu’au terrain de construction et à la fabrication du ciment nécessaire aux travaux. Les maçons du village se sont chargés de la construction en elle-même et le bâtiment est rapidement sorti de terre. Un problème subsistait néanmoins : si les habitants de Kingombé avaient finalement saisi l’intérêt de collaborer avec nous, nous nous sommes rapidement aperçus que les autres villages liés à l’école ne se sentaient pas concernés par le projet.
Ainsi, après quelques jours passés sur le chantier, notre séjour a pris une nouvelle tournure. Nous avons compris que sur cette scène que constituaient les différents villages, leurs dirigeants, les responsables de l’école, les professeurs, l’association de parents d’élèves, le comité nouvellement créé pour la construction de la bibliothèque,…se jouaient les mêmes luttes de pouvoir et d’influence que dans nos sociétés occidentales. Nous avons ainsi dû composer avec les susceptibilités, les ambitions et les jalousies des différentes personnes et communautés de la région. Notre séjour s’est par conséquent transformé en une mission à la fois politique et diplomatique, visant à nous assurer de la bonne compréhension du projet par tous et de la motivation des populations pour nous aider à le mener à bien. Car au-delà de la construction même du bâtiment, nous devions établir clairement que son fonctionnement reposerait entièrement sur la bonne volonté des habitants.
Le déplacement au Zaïre, et plus particulièrement dans la région de l’école Nzau Zandu, s’est donc révélé déterminant dans la réalisation de nos objectifs. Dans un premier temps, notre présence a clairement permis la construction même du bâtiment. Sans notre venue, tout porte à croire que le chantier n’aurait simplement jamais démarré. Dans un second temps, l’établissement de contacts forts sur une durée de deux semaines avec l’ensemble des acteurs de l’école (élèves, professeurs, parents, villageois, dirigeants,…) a créé une réelle dynamique sur place en conférant matérialité et crédibilité à Horizons Métis. Le temps passé à discuter, expliquer et justifier notre projet a permis de poser les fondations d’une collaboration solide entre l’association et les Zaïrois. D’autre part, cette expérience a été décisive dans notre appréhension des réalités de ce pays, de sa culture, et de ses modes de fonctionnement (rapport au temps, à l’écrit, à la parole, à l’avenir,…). Ces éléments, que nous méconnaissions totalement avant de nous rendre sur place, vont très largement contribuer à définir les orientations de nos projets futurs et surtout les modalités de leur réalisation. Enfin les amitiés que nous avons nouées avec les personnes rencontrées, aussi bien à Kingombé que dans les villages alentour, ou même à Kinshasa, vont nourrir notre motivation et nos ambitions pour l’avenir.
L’année scolaire 2006/2007 va donc constituer pour Horizons Métis une étape supplémentaire dans son développement. La construction de la bibliothèque était notre premier projet et a nécessité un investissement important de notre part. Deux années ont été nécessaires pour le mener à bien, mais l’association repose aujourd’hui sur des bases solides avec une équipe expérimentée. Nous souhaitons désormais lancer de nouvelles opérations en collaboration avec la population liée à l’école Nzau Zandu, dans la continuité de ce qui a été accompli et en gardant à l’esprit notre but principal, c’est-à-dire la mise en oeuvre d’une politique de développement durable dans cette région du Bas Congo.
En effet, la bibliothèque va à présent fonctionner de manière autonome. C’était la volonté des membres depuis le début, et le message sur lequel nous avons insisté sur place : ce bâtiment appartient maintenant aux villageois qui sont chargés de son fonctionnement et de son entretien. Dès le début de cette aventure, nous avons clairement défini notre action dans le cadre d’une collaboration avec la population congolaise (la bibliothèque ainsi que les livres constituaient une demande des habitants, et non une proposition de notre part). Notre contribution au projet a principalement consisté à la récolte de fonds et de livres en France, afin de financer l’envoi de ces ouvrages et d’acheter les matériaux indispensables à la construction d’un bâtiment étanche et résistant. Une fois celui-ci réalisé, nous avons rédigé une charte avec l’aide des populations des différents villages concernés afin de fournir un cadre clair et pérenne à la bibliothèque (cf. annexes). Ce document précise les règles et conditions d’accès aux livres ainsi qu’aux machines à écrire, les responsables du bon fonctionnement de l’établissement, ainsi qu’un modèle économique permettant de garantir sa viabilité. Nous avons clairement établi auprès de la population que la bibliothèque fonctionnerait en autonomie totale grâce à ce système, les ressources récoltées devant servir à l’entretien du bâtiment, au rachat de livres abîmés et de fournitures diverses (stylos, papier, bandes pour machines à écrire,…). Horizons Métis n’interviendra désormais que dans le cadre de nouvelles missions, ou éventuellement dans la réalisation de développements précis de la bibliothèque (collecte ou achats de manuels spécialisés en lien avec une demande scolaire particulière, achat d’une nouvelle machine coûteuse, …). Nous avons donc passé beaucoup de temps dans les différents villages à mobiliser les habitants, et l’ensemble des acteurs du projet, à travers l’organisation de différents événements, et ce afin qu’ils s’approprient l’établissement : exposition des livres, démonstration du fonctionnement des machines à écrire, réunion avec les professeurs afin de choisir des manuels pour préparer la rentrée scolaire, …Notre espoir est désormais de voir la bibliothèque apporter une aide réelle à la population. Nous serons tenus au courant de son bon fonctionnement grâce aux rapports que nous ferons parvenir nos collaborateurs sur place.
L’association Horizons Métis s’est donc fixé un nouveau projet pour l’année scolaire 2006/2007. Nous souhaitons dorénavant poursuivre notre plan de développement dans cette région par la construction de dortoirs et l’installation de panneaux solaires au sein du groupement scolaire. En effet, la bibliothèque ayant attiré un nombre important de nouveaux élèves venus de différents endroits de la région, la capacité d’accueil du village s’avère insuffisante pour garantir de bonnes conditions d’étude. En accord avec nos partenaires sur place, nous avons par conséquent décidé de consacrer nos efforts à la construction de dortoirs sur le site de l’école afin de permettre l’hébergement de l’ensemble des étudiants souhaitant fréquenter l’établissement. De plus, l’installation de panneaux solaires permettrait à l’ensemble des structures du site (école primaire, lycée, bibliothèque, dortoirs, maisons des professeurs, …) de profiter de l’électricité, et aux élèves de travailler dans de meilleures conditions. Le choix de ce mode de fonctionnement énergétique correspond aux critères de développement durable revendiqués par l’association : si un générateur à essence classique coûte moins cher à l’achat que des panneaux, le carburant qu’il nécessite induit des frais d’entretien plus élevés. Nous voulons éviter de mettre l’école dans une situation de dépendance vis-à-vis d’une énergie fossile, coûteuse et polluante. D’autre part, nous nous intéressons à de nouvelles idées apportées dans le domaine de l’énergie, et qui constitueraient une alternative très intéressante aux procédés classiques : la construction d’un vélo fonctionnant sur le principe de la dynamo est un projet qui nous tient particulièrement à coeur. L’apport de l’électricité dès 2007 nous permettrait également de nous ouvrir des perspectives bien plus importantes dans le cadre du développement du site pour les années à venir. Enfin, nous continuerons tout au long de l’année à récolter des manuels scolaires en France, en fonction notamment des rapports que nous recevrons sur les lacunes de la bibliothèque actuelle.
En résumé, l’horizon 2007 se dessine à travers trois missions essentielles pour l’association : la construction de deux dortoirs sur le site de l’école, l’installation de panneaux solaires et la poursuite de l’apport de livres dans la bibliothèque.
Les objectifs concrets de ce début d'année scolaire 2006/2007 vont donc consister à mettre à jour notre dossier le plus rapidement possible et à en refaire bientôt une version avec le même contenu mais sous une forme plus attrayante ; les statuts de l'association vont être clarifiés du fait du départ de certains membres et de l'arrivée de nouveaux; un film très court va être monté sur le village de Kingombé et l'école de Nzau-Zandu dans le cadre de la reconstruction totale de notre site Internet que nous souhaitons rendre plus agréable, clair et complet; enfin nous allons mettre en place un système d'adhésion à l'association : contre une cotisation, les adhérents recevront un dossier ainsi qu'un briquet Horizons Métis et un bulletin trimestriel concernant la vie de l'association et l'avancement des projets (la cotisation sera déductible d'impôt). Une fois ces missions prioritaires effectuées, nous souhaitons pouvoir nous consacrer à la récolte de fonds pour le projet décrit précédemment, à travers la commande d'une nouvelle ligne de t-shirts pour femmes, la mise en place du système d'adhésion, l'organisation de fêtes et de concerts payants, la demande de subventions et la recherche de nouveaux partenaires.